Une actualité chasse l'autre. L'époque est à la course et au zapping...
Et si - justement - nous résistions à ce tourbillon pour prendre ensemble le temps de nous arrêter sur l'essentiel ? C'est l'objectif de ce "blog-notes", le mien, le vôtre. Nous avons tant de choses à penser et à entreprendre ensemble.

- Secrétaire général du groupe socialiste à l'Assemblée nationale
- Conseiller municipal de Champs-sur-Marne
- Conseiller communautaire du SAN du Val Maubuée
- Vice-pdt du Syndicat mIxte Enlèvement et traitement des résidus ménagers

Ministre à l’insu de son plein gré

Affaire Woerth

Eric Woerth est soumis à de nouvelles révélations, le Canard et l’Express ont exhumé la lettre d’Eric Woerth à Nicolas Sarkozy lui demandant d’accorder le ruban rouge à Patrice de Maistre. Tout cela sur un courrier à en-tête de l’association de soutien à la candidature de Sarkozy. Le message est limpide… Depuis Eric Woerth soutient laconiquement qu’il n’a ni menti à la police, ni aux Français…
Monsieur Woerth est décidément un ministre d’un genre particulier. Quand on lui demande si il a eu connaissance de la saisine de ses services par le juge Courroye (affaire Banier – Bettencourt), il répond qu’il n’a jamais été mis au courant et que d’ailleurs, il n’intervient jamais dans les dossiers fiscaux. Quand on lui demande si il a eu connaissance des chèques de 30 millions d’Euros adressés à madame Bettencourt au titre du bouclier fiscal, il répond qu’il n’a pas été informé. Quand on lui demande si il a bien reçu les courriers que lui a adressé la veuve Wildenstein sur l’argent caché dans les paradis fiscaux par l’un de ses beaux-fils, co-fondateur de l’UMP, il répond qu’il n’a rien vu. Quand M. Woerth est interrogé sur le fait de savoir s’il connaît M. De Maistre l’employeur de sa femme, il répond qu’il s’agit d’une vague connaissance. Quand on lui rappelle que c’est lui qui l’a décoré de la légion d’honneur, il explique qu’il l’a fait mais sans y prêter d’attention particulière, presque sans y penser. Enfin lorsque la police exhibe un courrier signé de sa main par lequel il intervenait en faveur du même De Maistre pour qu’il reçoive la légion d’honneur, il se défend en expliquant qu’il découvre ce courrier…

Mais que fait donc M. Woerth de ses journées de ministre ? Quelles sont ces occupations qui lui interdisent de s’intéresser au contrôles fiscaux, à l’activité de ses services, au bouclier fiscal, aux courriers qu’il reçoit ou à ceux qu’il signe, aux discours qu’il prononce ? Etait-il seulement ministre au moment des faits? A bien l’écouter, on finirait par penser que M. Woerth est ministre “à l’insu de son plein gré”…





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La Rochelle et après?

carte postale Ségolène Royal la RochelleSous les stands devant les bâtiments de l’Encan où se déroule l’université du PS les portraits des présidentiables tournent sur un même présentoir et prennent la lumière à tour de rôle. A l’intérieur les éléphants tirent dans le même sens et dénoncent “l’été de la honte“. Les journalistes s’inquiètent. Pas de petites phrases à se mettre sous la dent. Le seul candidat à la primaire en campagne s’appelle… Will Mael Nyamat, militant PS de la section de Londres. Cela faisait longtemps. Cela a fait du bien.

Les militants sont repartis de la Rochelle soulagés avec le sentiment qu’une haie venait d’être franchie, même si ce n’était pas la plus haute.

Que se sont-ils dit? Les sondages sont bons, mais ils font apparaître davantage l’envie d’en finir avec Nicolas Sarkozy qu’un réel emballement pour la gauche. DSK est très haut mais il est aussi très loin. Ceci n’est pas sans rapport avec cela. Martine s’installe, mais sa position demeure fragile. François réalise un inespéré 50/50 dans un second tour simulé par la Sofres, mais demeure en dessous de la barre des 20% au premier tour. Ségolène n’apparait plus en situation de revenir, mais sa posture unitaire la réintègre au sein de la famille socialiste qu’elle a souvent donné l’impression de contourner.

Dominique semble la meilleure chance de la gauche, mais certains doutent de sa gauche. Martine est au centre de gravité de la gauche, mais d’autres doutent de sa capacité à gagner les indispensables voix du centre. François est la synthèse des deux, mais il est trop loin dans l’opinion. Ségolène ne semble plus pouvoir gagner, mais peut-on gagner sans elle?

Sur le port, on s’est perdu en conjectures sur le désir réel des uns et des autres d’être président. DSK peut-il renoncer au confort d’une situation enviable au FMI. Martine rêve-t-elle vraiment de l’Elysée? François joue-t-il gagnant ou placé? Quels sont les vrais désirs d’avenir de Ségolène?

L’indécision domine. Les uns et les autres hésitent à afficher trop tôt des préférences. Cette fois, nous ne pouvons pas perdre. Et puis après tout, les primaires sont là pour départager les candidats. Cependant l’ardeur même pour les primaires est loin d’être unanime. Le choix sera-t-il exhaustif ou tronqué? Et si le choix est réel, l’âpreté du débat ne servira-t-elle pas l’adversaire?

Au fond, les socialistes rêvent d’un candidat qui n’existe pas. Ils souhaitent le désigner, mais aimeraient que ce choix s’impose naturellement. Ils souhaitent le débat, mais redoutent la confrontation.

La réalité est évidemment différente. Aucun candidat ne réunit les qualités de tous les autres. Il faut accepter le débat qui éclaire, mais disqualifier ceux qui pensent pouvoir servir le collectif en commençant par l’affaiblir.

Putain deux ans…





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Quand Eric Besson avait des visions prémonitoires…

envoyé spécial

Il y a quelques mois une équipe de l’émission “Envoyé spécial” est venue m’interroger à l’occasion d’un portrait réalisé sur Eric Besson. Nous avons en effet travaillé ensemble pour la préparation de l’élection présidentielle de 2007 (Inutile de préciser avant qu’il ne retourne sa veste). Il avait eu très tôt cette bonne idée de faire le bilan du président de l’UMP et de compiler l’ensemble de ses discours. Il voulait démasquer à partir de faits bruts et de déclarations incontestables les habiletés ou les mensonges du candidat, et restituer l’identité politique de Nicolas Sarkozy. Ce travail fut mis en ligne la semaine précédant le congrès d’investiture de l’UMP, puis le document vendu en kiosques sous le titre “les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy“.

La droite avait riposté en s’attaquant à une phrase malheureuse de l’introduction (la seule partie écrite de la seule main d’Eric Besson, le reste ayant été rédigé sous sa coordination) lorsqu’il qualifiait N. Sarkozy de “néo-conservateur américain à passeport français“.

Pour préparer cette émission, j’ai relu ce document et évidemment avec une attention particulière pour le propos liminaire. Ma surprise fût finalement de ne trouver aucune ride à ce document de campagne. Il faut bien reconnaître que Nicolas Sarkozy n’a pas besoin d’être caricaturé pour être inquiétant…

Je vous épargnerai la relecture complète (cette fois) du texte (excellent). Mais je ne résiste pas au plaisir de vous citer ces quelques lignes de l’actuel “ministre de l’immigration et de l’identité nationale”, lignes qui prennent tout leur relief dans l’actualité du moment :

ce sarko show est une arme de dissimulation massive, car celui qui ne cesse de prétendre vouloir être jugé à ses résultats n’a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action” (…/…) “l’échec n’atteint que rarement notre héros. Le plus souvent parce qu’il le noie dans le mouvement perpétuel : chaque fois qu’il se trouve en difficulté ou se voit obligé de se justifier de son action, le candidat de l’UMP se saisit d’un fait divers pour enfiler la combinaison qu’un Le Pen laisse parfois au vestiaire de celui “qui dit tout haut ce que les français pensent tout bas”.  Un jugement à l’emporte-pièce, une provocation suivie d’une polémique, le tout conclu par un sondage qui démontrerait que Nicolas Sarkozy a les élites contre lui mais le peuple avec lui et le tout est généralement joué. En cas de nécessité, si provocation et écran de fumée ne suffisent pas, Nicolas Sarkozy actionne le parachute de secours celui de la défausse. Car celui qui se présente comme un pieux catholique n’aime rien tant que battre sa coulpe sur la poitrine des autres : il n’est par essence, jamais responsable” Toute ressemblance avec une réalité récente serait purement fortuite…

Dans sa conclusion Eric Besson rappelait que Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’”une seule chose” le distinguait de Georges Bush : “il a été élu deux fois président, moi pas“. La suite est entre nos mains.





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la bonne nouvelle de l’été.

femme musulmane

L’actualité réserve parfois des comparaisons cruelles.

En France, Nicolas Sarkozy désigne des boucs émissaires à la vindicte populaire, il assimile l’immigration à la délinquance et organise la mise à l’index des populations Roms , après avoir mené, dans des conditions douteuses un débat sur l’identité nationale. De l’autre côté de l’Atlantique, Barack Obama prend la décision courageuse de maintenir l’édification d’un centre culturel et cultuel musulman à deux cent mètres de “ground zero”.

Le président des Etats-Unis est à la veille d’élections importantes. Les Républicains amalgament dans un terrifiant raccourci, la religion musulmane et les terroristes d’Al Qaida qui ont abattu les tours du World trade center. Mais l’hôte de la Maison Blanche choisit, à contre-courant d’une large part de son opinion publique, de rappeler les valeurs non négociables sur lesquelles s’est construit son pays : “that’s America“!

Le locataire de l’Elysée prépare aussi des échéances électorales et cherche à rassembler sa droite jusqu’à l’extrême. Michel Noir, confronté dans les années 90 au score du FN, préférait perdre des élections que son âme. Nicolas Sarkozy a choisi lui le destin de Faust. Une deuxième vie à l’Elysée vaut bien tous les pactes. Théoriquement gardien de la constitution, il n’hésite pas à contourner son article 2 qui assure l’égalité des citoyens quelles que soient leurs origines. Le secrétaire général de l’Elysée rame pour limiter le nombre de cas concrets pour lesquels une procédure de déchéance de nationalité sera envisageable. Mais, trop tard. Le mal est fait parce que le message est clair : les français qui ne sont pas de souche, sont tolérés comme citoyens de seconde zone.

Il faut évidemment s’élever contre le meurtre de policiers, condamner l’excision et réprouver la polygamie. Mais la République s’est construite sur l’égalité de ses citoyens et sur le droit du sol. Tous les criminels sont passibles des mêmes peines. En revenant sur ces principes, l’UMP ouvre une brèche. Cette dernière est d’autant plus grave qu’elle vise spécifiquement à stigmatiser les Français de confession musulmane (1). En effet, quel point commun entre le crime de sang, passible de la réclusion à perpétuité, la mutilation sexuelle punissable jusquà 20 ans d’emprisonnement et le mariage multiple qui n’est sanctionnable que d’un an de privation de liberté? Aucun sur le plan pénal. Mais sur le plan symbolique chacun aura compris la confusion opérée.

Sur le champ des luttes contre les discriminations l’été aura été avare en bonnes nouvelles. Mais il y en a eu une. Le président n’aime pas les immigrés, ni les gens du voyage, mais il n’a rien… contre les petits. Désormais les policiers pourront mesurer moins d’un mètre soixante. Les plus médisants décèleront dans cette décision un sérieux conflit d’intérêt. Les plus optimistes saisiront l’augure d’une prochaine reconversion du chef de l’Etat… Une bonne nouvelle peut toujours en cacher une autre.

___________

(1) l’excision ou la polygamie sont au demeurant des pratiques minoritaires. Mais après un an de polémiques orchestrées par l’UMP, on finirait par croire que l’Islam n’est qu’affaire de femmes excisées, en burqa et enrôlées dans des harems.





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Le roman d’Eric Woerth

Woerth.AN

Il se raconte que plusieurs réalisateurs seraient intéressés par l’adaptation à l’écran de l’affaire Woerth-Bettencourt. La réalité vaut parfois les meilleures fictions. Pourtant, qui aurait cru, il y a quelques mois encore, que le ministre-trésorier de l’UMP pouvait se muer en un personnage de roman? Les portraits publiés le figeaient dans la peau d’un gendre sans éclat et sans risque, d’un passe-murailles, gris comme la flanelle que portent les clones de Bercy, celle d’un exécutant solide, mais sans panache.

L’épreuve est venue. Elle a agi comme un révélateur. Depuis la mise en ligne par Mediapart des écoutes du majordome de madame Bettencourt, il n’est plus de journée sans que le nom d’Eric Woerth soit associé à une connivence, un délit, un mensonge. Le personnage lisse s’est transformé en un aimant prêt à attirer à lui toute la limaille médiatique. Depuis la France scrute ses moindres mouvements. Tiendra-t-il? Comment réagira-t-il à l’adversité? Va-t-il craquer?

Qui est vraiment Eric Woerth? Raphaëlle Bacqué, journaliste au Monde a excité la curiosité générale en rendant publics les conseils prodigués au ministre par la grande prêtresse de la communication Anne Méaux : surtout ne pas briller, conserver cette image de comptable de province. Qui se cache donc derrière ce masque? On l’imaginait terne, on le découvre soudain en jeune homme ambitieux et pressé, parrainé par les troubles Jean-François Mancel et Yvonne Cassetta, dite “la cassette”. On surprend surtout un homme-clé au coeur de tous les secrets de la Sarkozye, un maire de Chantilly parcourant sa ville à coup de mondanités, baignant avec aisance au milieu des bénéficiaires du bouclier fiscal. L’honnête homme” a gagné de l’épaisseur, celle du mystère.

Ce mercredi 21 juillet, la commission des affaires sociales reprend ses travaux. C’est le second jour de discussion sur les retraites. A l’intérieur plusieurs dizaines de députés et de collaborateurs sont enfermés dans un huis clos absurde. Le débat est pipé. Il est au mieux la pâle répétition de ce que sera la séance publique dans l’hémicycle en septembre. Devant la salle, les journalistes font le pied de grue. En milieu de matinée, la nouvelle tombe : Florence Woerth est entendue à la demande du parquet. Dès lors la presse n’a plus qu’une question : que laisse transparaître comme émotion son mari?

A l’intérieur Eric Woerth se sait observé. Plus que jamais il est concentré sur la discussion. Sonné la veille, il donne le change aujourd’hui. Il répond à tout même quand rien ne l’y oblige. Comme un joueur de fond de cours il renvoie patiemment les balles et affiche sa solidité. Son calme finit par impressionner les plus madrés. Alors sérénité réelle ou comédie ? Tranquillité de l’innocent ou calme des vieilles troupes ?

A 19:30 la séance est suspendue. Les portes s’ouvrent. Une forêt de caméras et de micros s’avance vers le ministre des affaires sociales. Les premières interpellations, celles qui servent juste à mettre en confiance, portent sur son appréciation du débat de la journée en commission. Enfin, Thierry Curtet de France 2 ose la question que tous les journalistes attendent :

- Votre femme a été entendue ce matin par la brigade financière, quels commentaires en avez-vous?

- Je n’ai rien à rajouter à ce qu’a dit son avocat…

- Vous avez pris des nouvelles de votre femme après son audition?

- Non. Je n’ai pas le temps. Je suis complètement dans le débat ici en commission.

L’échange n’est pas si anecdotique. Le ministre n’aurait pas pris le temps, directement ou par le biais de ses collaborateurs, de prendre contact avec sa femme alors qu’elle vient de vivre une audition sur un sujet qui menace leurs carrières et leurs réputations? A ce moment précis, on ne peut s’empêcher de penser aux mensonges successifs d’Eric Woerth, quand il affirmait ne pas connaître M. de Maistre, ou encore qu’il avait dressé une “muraille de Chine” entre la vie professionnelle de sa femme et la sienne. Au moment où chacun s’attendait à la réponse d’un homme, d’un mari, d’un justiciable ordinaire, c’est le discours formaté d’un professionnel sur ses gardes.  Réponse improbable qui trahit une trop grande maîtrise. Derrière l’affirmation, se glisse l’ombre d’un doute. Alfred Hitchcock aurait tiré de ce détail un film. Eric Woerth est bien devenu un personnage de roman…





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Pourquoi l’UMP a peur du débat

débat retraites-9

L’ambiance est électrique. Mais le ministre est débranché. Depuis ce matin le débat a commencé en commissions sur la réforme des retraites. Eric Woerth, hagard, se contente de renvoyer la balle. Ses réponses sont laconiques. Souvent imprécis, il s’excuse devant la commission des Finances en expliquant qu’il a “oublié son dossier” au ministère…

Comme au bon vieux temps du RPR, l’UMP fait front. Sans nuance. Comme chaque fois que la majorité se sent en difficulté, elle a pour  réponse exclusive le passage en force.

Entamer le 20 juillet un débat sur une réforme présentée comme la principale de la législature, il fallait oser. Ils ont osé.

Refuser  la publicité des débats en commission, il fallait avoir le culot de le justifier quand dans le même temps le gouvernement achète à millions des pages ou des écrans de publicité pour vanter une réforme qui n’est même pas votée . Ils ont eu ce culot.

Limiter la parole à un orateur pour l’opposition et par amendement, fixer le temps de parole à deux minutes pour parler de sujets aussi simple que la pénibilité, il fallait assumer l’indécence. Ils l’assument.

Mais de quoi a donc peur la majorité si ce n’est  justement du débat. Pourquoi? parce que l’argument de la droite pour faire avaler la pillule aux Français était simple : il n’y avait qu’une réforme possible.  et donc un choix binaire, celui du courage ou celui de la lâcheté. La droite empruntant évidemment la première voie… Cela supposait une opposition repliée dans une forme de résistance désespérée, repliée sur le discours des acquis, sans vision de l’avenir et des enjeux. Le parti socialiste a, en dévoilant son projet, interdit à l’UMP son meilleur refrain. Pire, son projet alternatif a a le fois le mérite d’être financé, d’être plus juste, plus durable et surtout d’être soutenu par une majorité de Français.

La deuxième raison tient au malaise qui règne au sein de la majorité. En commission des Finances ce matin les divisions internes à l’UMP ont permis aux socialistes de faire adopter un amendement maintenant à 65 ans le départ à la retraite sans décote pour les mères de deux enfants.

Faut-il lâcher prise et renoncer à la discussion? Evidemment non. La discussion – aussi hachée soit-elle – a permis notamment de faire apparaître les points suivants :

  1. La réforme n’est financée que jusqu’en 2018. Woerth a dit « il faut s’habituer à des rendez-vous sur les retraites ». En clair, le passage à 62 ans et 67 ans n’est garanti que jusqu’en 2018. Pour les générations nées après 1959, de nouveaux reculs de l’âge légal sont prévus.
  2. E. Woerth a reconnu le siphonage du fond de réserve pourtant destiné aux générations qui partiront après 2020. « le fond n’a pas été créé pour être regardé » a-t-il déclaré. Les Villepinistes s’en sont également émus par la voix de D. Guarrigues qui présentait un amendement commun avec les députés Goulard et Montchamp.
  3. Les retraites des personnes au carrières fractionnées notamment les femmes vont être pénalisées. Dans les faits on assistera à une baisse des pensions. C’est ce qu’a implicitement reconnu Chantal Brunel (UMP).
  4. Les hauts revenus et les revenus du capital contribueront à hauteur de 2 milliards d’euros en 2020 à la réforme. C’est moins de deux fois l’effort qui va être demandé aux fonctionnaires par l’augmentation de leurs cotisations (4,9 milliards en 2020)
  5. l’argument “c’est normal de passer à 62 ans parce que depuis 1982, l’espérance de vie a progressé de 6 ans” ne prend plus. Depuis 1982, la durée de cotisations est passée de 150 à 162 trimestres, soit 3 ans c’est-à-dire la moitié de l’espérance de vie acquise. Les Français ont déjà payé…

Demain les socialistes reprendront la démonstration. Ils feront progressivement apparaître que cette réforme est dictée par les intérêts du désormais fameux “premier cercle”.





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La revanche des sites

la revanche des sith

Le pronostic n’engage que moi. Mais il y a peu à parier que les voix vont bientôt se multiplier pour demander la tête d’Eric Woerth. Pas les voix de l’opposition pour lesquelles la présence du maire de Chantilly au gouvernement devient une incroyable aubaine en mettant à nu les liaisons dangereuses du sarkozysme qui expliquent ses choix depuis 2007. Les “visiteurs du soir” qui iront réclamer à l’Elysée la démission du ministre appartiennent à cet “entre soi” qui évolue de cercles en coteries, de clubs en réseaux d’influence. Ce petit monde qui n’aime pas la publicité et lui préfère l’ambiance feutrée et climatisée des palaces ou des grands restaurants.

La succession quotidienne de révélations par la presse trouble la quiétude et la discrétion propres à la prospérité des affaires. Le feuilleton Woerth-Bettencourt inquiète en mettant à jour les liens incestueux qu’entretient ce pouvoir avec les milieux d’argent. Il révèle les mauvaises habitudes, les petits et grands arrangements, la cellule fiscale qui traite leurs dossiers, les privilèges accordés, le scandale des chèques de restitution du bouclier fiscal… Les projecteurs sont maintenant braqués sur cette ploutocratie qui évolue entre hippodromes, avant-premières et visites privées d’expositions. Les marchands d’art y côtoient les grands patrons, les financiers et les proches de Nicolas Sarkozy.

Eric Woerth, après avoir été pour nombre d’entre eux la solution, est en passe de devenir le problème. Alors que le Président de la République a tenté le 12 juillet de siffler la fin du match, voilà que les journaux ouvrent les prolongations.

Marianne2.fr et le Canard enchainé révèlent une nouvelle affaire, la vente décidée par Eric Woerth, quelques jours avant son départ du ministère du budget, d’une parcelle de la forêt de Compiègne à un prix dix fois inférieur au marché. Le bénéficiaire de cette opération président de la Société des courses de Compiègne est l’un des dirigeants de France Galop, association dont Florence Woerth est membre depuis 2003.

Médiapart a de son côté enquêté sur la baronne Eva Ameil. C’est elle qui a contredit les dépositions de Claire Tribout en affirmant qu’elle n’avait jamais eu de conversations avec la comptable de madame Bettencourt, au moment où cette dernière s’inquiétait de la sortie de 150 000 euros en liquide. Jusqu’ici, chacun imaginait l’employée type de la BNP, occupant deux mètres carrés de bureau banalisés, sans liens personnels avec sa clientèle. En clair une femme qui n’aurait aucun intérêt à travestir la vérité. C’est son témoignage qui a constitué l’un des piliers de la contre-attaque de l’UMP. Le site d’information nous apprend qu’elle est l’une des amies de la sœur de M. de Maistre et qu’elle anime le très mondain le Maxim’s Business Club dont la domiciliation sociale est désormais… le Fouquet’s.

Enfin le Nouvelobs.com publie un mémo de M. De Maistre destiné à André Bettencourt en date du 29 septembre 2006 et dont l’objet est le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy après une discussion avec… Eric Woerth. Cette note constitue un démenti cinglant aux déclarations croisées de MM. De Maistre et Woerth qui n’ont cessé de nier leur proximité et relance la suspicion sur la contribution des Bettencourt à la campagne de 2007.

Pendant une semaine, la contre-offensive de l’UMP a été d’une violence rare. Après les raids de l’aviation (Bertrand, Morano, Estrosi, Lefebvre, Paillé), le pas lourd de l’infanterie dirigée par Claude Guéant, le général Sarkozy pensait pouvoir faire du 14 juillet le moment de son triomphe. Mais voilà si l’Empire contre-attaque, ce soir l’heure est à la revanche des sites…





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Quand l’Empire contre attaque

Q.E.C.A

Ca y est. L’Empire contre attaque. Premier temps de la manoeuvre, discréditer la presse. Mediapart est la cible la plus commode, publié sur Internet, média jeune et inconnu du grand public. Peu importe que toute la presse du Point à Marianne ait contibué à sortir de nouveaux éléments dans cette affaire. C’est le site dirigé par le sulfureux Edwy Plenel qui a le droit aux honneurs des snipers du gouvernement. Les arguments sont simples : le web est une usine à ragots. Mediapart utilise des “méthodes fascistes“.

La gauche elle serait coupable de “populisme” et ferait  “le jeu de l’extrême droite” lorsqu’elle se borne pourtant à interroger le gouvernement, exige un juge indépendant et la création d’une une commission d’enquête. L’accusation est d’autant plus savoureuse qu’Eric Woerth fit alliance aux régionales avec le FN et que c’est le fondateur de l’Oréal qui fut le principal financeur dans les années 30 de “la Cagoule“, organisation fasciste de sinistre mémoire…

Sur le dossier lui-même, on apprend que Claire T. la comptable de madame Bettencourt reviendrait sur une partie de ses déclarations. Outre le fait que cette rétractation est très partielle, il n’est pas inutile de s’interroger sur les conditions dans lesquelles nous parvient cette information.

  1. Claire T. répond à la police dans le cadre d’une enquête préliminaire. Ce qui signifie pour les non initiés qu’elle répond, hors présence de son avocat, à des enquêteurs placés sous l’autorité d’un procureur, M. Courroye, ami notoire de Niclas Sarkozy et lui-même mis en cause dans les fameux enregistrements du majordome.
  2. Alors que M. De Maistre n’a jamais été inquiété, Madame T. l’est pour la troisième fois. De quoi intimider les esprits les plus indépendants.
  3. Ce n’est pas madame T. qui communique avec la presse puisqu’elle est toujours entendue. C’est donc le parquet qui transmet en temps réel à la Chancellerie et à l’Elysée qui distillent à leur tour les informations. Il n’est pas inimaginable de penser que les comptes rendus soient très partiels. Et c’est à partir de ces éléments choisis que le pouvoir organise sa communication désormais.

Personne ne sait, et l’opposition n’a jamais dit, que tous les soupçons qui pèsent, notamment sur Eric Woerth, étaient avérés. Mais comment faire le tri entre accusations diffamatoires et délits éventuels lorque la commission d’enquête demandée est refusée et qu’aucun juge d’instruction, magistrat indépendant, n’est nommé?

En réalité les zones d’ombres sont toujours aussi nombreuses :

  • La presse a révélé une fraude fiscale, que madame Bettencourt a ensuite reconnue. Pourquoi M. Woerth qui avait été informé par le parquet de la vraisemblance d’avoirs dissimulés en Suisse n’a-t-il pas agi?
  • La presse a révélé un évident conflit d’intérêt entre le métier de madame Woerth et les fonctions ministérielles de son mari. Elle a d’ailleurs démissionné en reconnaissant avoir “sous-estimé” ce conflit. Cela solde-t-il le passé?
  • La presse a révélé un chèque à Valérie Pécresse dont le montant excède le niveau autorisé pour les campagnes électorales. Qu’est devenue la différence?
  • La presse a révélé que M. Woerth avait reçu un chèque de madame Bettencourt à destination d’un parti de poche dont il est l’unique adhérent et dont l’objet est sa seule promotion. Si le don est légal, n’y-a-t-il pas matière à s’interroger pour un ministre du budget, chargé de contrôler la situation fiscale de madame Bettencourt?
  • La presse a révélé le contenu de bandes magnétiques faisant état de don à Nicolas Sarkozy. Claire T. déclare ne pas en avoir la preuve mais donne des éléments qui peuvent au minimum susciter notre éveil.
  • Les mêmes enregistrements ont fait apparaître l’immixion du conseiller justice de Nicolas Sarkozy dans une procédure privée opposant mère et fille Bettencourt. Madame Alliot-Marie l’a confirmé et justifié au nom du patriotisme économique. Qui peut se laisser convaincre par un tel argument?
  • Claire T parle de retraits de 50 000 euros réguliers en liquide. La banque a-t-elle prévenu TRACFIN? Si tel est le cas l’administration fiscale a-t-elle été saisie? Quelles procédures ont alors été engagée, alors que visiblement madame Bettencourt n’a pas subi d’examen approfondi de sa situation fiscale depuis une grosse dizaine d’année?
  • La presse a soulevé une deuxième affaire, avec cette fois la famille du vendeur d’art, Wildenstein. La veuve dit avoir saisi Eric Woerth à deux reprises sans réponse de sa part alors qu’elle évoquait la fuite de 3 milliards d’euros dans plusieurs paradis fiscaux. M. Woerth n’a jamais répondu. Est-ce parce qu’il menacerait directement en l’espèce un co-fondateur de l’UMP, lui même chargé de rabattre les généreux donateurs sur le sol américain?

L’Empire contre attaque, mais ne convainc pas. Il est irresponsable de laisser le doute s’installer. Seule la justice peut apaiser l’exigence commune de vérité.





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Qui alimente le Front National ?

Ayrault.Filipetti

Il y a des idées qui ont la vie dure. Ainsi, la droite pense que « la meilleure défense, c’est l’attaque ».
Depuis plusieurs jours les déclarations des dirigeants de la droite se multiplient. Les socialistes seraient coupables de populisme. François Baroin a franchi la ligne jaune en accusant la gauche de faire le jeu de l’extrême droite.

Qu’en est-il vraiment ? La gauche joue-t-elle contre les institutions démocratiques ? Menace-t-elle les principes républicains ? Renie-t-elle les valeurs de ses pères ?

Poser ces questions c’est y répondre. L’opposition exerce son droit de contrôle. En posant des questions précises, en refusant de demander des démissions, en préservant la présomption d’innocence, elle joue son rôle. En dénonçant la connivence qu’entretiennent les dirigeants de l’UMP avec les grandes fortunes, les socialistes prolongent les combats de Jaurès et de Blum.

Que dirait-on si à l’inverse, la gauche ne relayait pas les légitimes interrogations de la presse et des Français ? L’extrême droite aurait alors tout loisir de dénoncer la « bande des quatre » et un système parlementaire dans lequel chacun tient son voisin.

Ce qui alimente aujourd’hui le populisme c’est le refus par M. Woerth de s’expliquer clairement, c’est cet indécent cumul entre les fonctions de ministre avec celle de trésorier de l’UMP, c’est la création de ce club des généreux donateurs auquel on promet le maintien du bouclier fiscal, c’est ce refus d’accepter la mise en place d’une commission d’enquête qui fasse la lumière.

C’est lorsque les élites nourrissent le soupçon que leur légitimité est atteinte.





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Article des Echos : “Les socialistes espèrent que le ministre restera en position

Article publié dans Les Échos du 2 juillet dernier. Les propos publié dans ce billet sont repris par le jounalistes Renaud Czarnes.

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Lire la version en ligne de l’article sur le site internet des Echos.





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Pourquoi Eric Woerth doit rester au gouvernement

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Il y aurait bien un scénario diabolique : Nicolas Sarkozy, conscient de l’impossibilité de maintenir Eric Woerth se poserait non pas la question de savoir si il doit le démissionner, mais quand il doit l’exfiltrer de son gouvernement.

Parfait connaisseur des médias, le chef de l’Etat attendrait la fin du pic médiatique, ce moment où les journalistes ne feraient plus recette avec cette embarrassante affaire Bettencourt. En faisant partir trop tôt son ministre, il se retrouverait en première ligne, rattrapé par l’immixion de son conseiller Ouart dans les démêlés judiciaires de la famille Bettencourt, par ses rencontres à l’Elysée avec le gestionnaire de fortune M. De Maistre, par sa présence au Bristol lors des soirées organisées pour et avec les généreux donateurs de l’UMP… Le Président attendrait don son heure, protégé par son ministre-fusible. Grillé pour grillé, le ministre du travail pourrait bien encore servir à lui éviter la foudre quelques semaines, le temps de clore la session parlementaire et de voir la France passer à autre chose, coincée entre camping, chaises longues et crème solaire.

A la rentrée, il annoncerait un remaniement (après avoir laissé fuiter que ce grand moment n’interviendrait qu’en octobre). Le ou la nouvelle ministre aurait eu tout l’été pour se préparer au débat sur les retraites. L’effet de surprise permettrait de gagner une quinzaine pendant laquelle la presse pourrait commenter la nouvelle “séquence qui s’ouvre” et se perdrait en conjectures pour savoir si Nicolas Sarkozy a “repris la main” ou pas. Le nouveau ministre annoncerait quelques inflexions modestes sur les retraites en espérant que la nouveauté de sa nomination et ces évolutions permettraient d’apaiser une rentrée sociale que l’on pressentait agitée.

Mais Nicolas Sarkozy n’est pas le diable. Et pour une fois, le président n’a pas tort. Il faut maintenir coûte que coûte Eric Woerth. Je m’explique :

  • qui mieux que ce ministre des affaires sociales incarnerait cette confusion entre les milieux d’argent et la droite?
  • Qui mieux qu’Eric Woerth pourrait défendre dans le débat sur les retraites, l’inégal partage de l’effort entre revenus du capital et du travail?
  • Qui mieux que lui pourrait défendre la rigueur pour les modestes et la clémence fiscale pour les grandes fortunes?
  • Qui mieux qu’ Eric Woerth pourrait contribuer à la mobilisation syndicale du 7 septembre? Deux, trois millions de personnes pourraient se retrouver à manifester au choix contre la réforme des retraites ou cette société où l’indécence est érigée en modèle ?

Monsieur le Président, en politique les symboles ont leur importance. Ne nous privez pas de ce ministre qui incarne mieux que tous les autres, votre politique.





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Que vaut encore la parole d’Eric Woerth ?

Eric Woerth assemblée
Je n’aime pas les “chasses à l’homme“. Mais contrairement aux propos outrés de François Fillon, les “chiens” n’ont pas été lâchés. Mardi et mercredi, les députés socialistes se sont limités à trois questions, sans jamais mettre en cause l’honnêteté du ministre :

Quelles suites donner sur le plan fiscal aux fraudes désormais avouées de madame Bettencourt ? Sera-t-elle poursuivie ou privigéliera-t-on les arrangements entre amis ?
Pourquoi aucune poursuite n’est engagée sur le plan pénal contre M. de Maistre, gestionnaire de fortune ? Le majordome auteur des enregistrements pirates a été immédiatement mis en garde à vue. Quelle est la raison de la clémence dont bénéficie le patron de madame Woerth ? Pourquoi Patrick Ouart, ancien conseiller justice de Nicolas Sarkozy ne fait l’objet d’aucune procédure alors que les enregistrements font apparaître qu’il était en contact avec M. de Maistre et que les faits rapportés dans les écoutes pirates sont rigoureusement exacts?

Au delà des suites judiciaires, quelle déontologie guide ce gouvernement ? Qui ne voit le conflit d’intérêt évident entre les fonctions exercées par le mari et la femme ? C’est tellement vrai que Florence Woerth a démissionné et que c’est son mari qui a choisi de l’annoncer. Qui peut sérieusement plaider pour le cumul entre la fonction de ministre du budget et celle de trésorier de l’UMP ?
Mardi, Eric Woerth est intervenu lors de la séance des questions d’actualité. Il a utilisé la tribune de l’Assemblée nationale pour faire une déclaration sur son intégrité alors même que la question posée à la garde des Sceaux et ne la mettait pas en cause.
Lors de cette mise au point soigneusement indignée, le ministre Woerth a déclaré, parlant de sa femme et de lui-même : « jamais ni elle ni moi n’avons été informés d’une quelconque fraude ou évasion fiscale ». Vendredi soir, réagissant à un article du journal Marianne, le procureur de la République Philippe Courroye l’a démenti en révélant que l’administration fiscale avait été prévenue le 9 janvier 2009, le parquet ne pouvant décider seul de se saisir d’un fait de fraude fiscale.
Le ministre n’a pas nié. Comment le pourrait-il ? Il était à l’époque engagé dans un combat très médiatique contre l’évasion fiscale. Comment ses services auraient-ils pu oublier de l’informer des soupçons pesant sur la plus grosse fortune de France?
Il s’est défendu en affirmant avoir demandé un contrôle fiscal de… M. Banier. Pour prolonger sa défense, l’ancien ministre du budget a affirmé qu’il n’avait donné aucune instruction visant madame Bettencourt. Ce faisant il a escamoté la seule vraie question : pourquoi n’a-t-il engagé aucune action contre madame Bettencourt alors qu’il explique avoir commandité un contrôle de la situation de son “ami photographe” ?

Personne ne peut à ce jour conclure à une quelconque culpabilité d’Eric Woerth. Il a le droit à la présomption d’innocence. Mais c’est sa parole qui a perdu toute crédibilité. Hier, il prétendait ne pas connaître M. de Maistre avant que nous apprenions qu’il l’avait lui même décoré de la légion d’honneur quelques semaines après l’embauche de son épouse. Il a ensuite menti en prétendant n’avoir jamais été informé d’éventuelles fraudes de la patronne de Loréal.

S’il n’y a pas encore d’affaire Woerth, il y a clairement un problème Woerth.





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Le naufrage

babyfoot

Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois“. Si la phrase d’Albert Camus est juste, alors les palinodies de l’équipe de France en Afrique du Sud ne sont pas seulement grotesques, elles sont inquiétantes.

Où est passé l’esprit sportif? Où a disparu le fair-play? Qu’est devenu l’esprit collectif?  L’esprit de solidarité a malheureusement abandonné le terrain pour ne réapparaître que dans la défense improbable de Nicolas Anelka.

Le football à force de glorification de ses stars, a fini par remplacer l’esprit du jeu par une culture du résultat. Aux champions, il est tout pardonné. Les bleus ont conservé dans la défaite ce comportement d’enfants gâtés.

Chacun pourra apercevoir dans ce naufrage une métaphore de celui de la société française. Une société minée par ses conflits, incapable de se transcender dans des valeurs qui fédèrent, dirigée par des élites qui semblent plus préoccupée par la défense de ses privilèges que par la mission qui leur a été confiée. Entre l’immaturité des bleus, l’obsession médiatique d’une Rama Yade rattrapée par le coût de ses chambres d’hôtel, les cigares à 12 000 euros de Christian Blanc, la construction de la maison d’Alain Joyandet, les liaisons dangereuses de la famille Woerth avec Lilianne Bettancourt, les derniers jours ont fourni trop d’occasions de stigmatiser l’affaissement de la morale publique.

A chacun il est urgent de rappeler que le fait de porter le maillot des bleus, de représenter la France est un honneur qui se mérite. L’exemplarité n’est pas un supplément d’âme, elle est un devoir.





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le projet de réforme des retraites décortiqué

retraites

Dans quelques heures la concertation avec les syndicats s’achèvera. La copie du gouvernement n’aura guère changé. Depuis plusieurs mois, le plan gouvernemental était décidé et la lente distribution d’information n’avait pour objet que de contribuer à briser tout esprit de résistance en installant une forme de fatalisme.

Le projet est donc connu depuis mercredi. Que peut-on en dire? Il est injuste car il fait peser la quasi intégralité du financement sur les salariés et parmi eux sur ceux qui ont eu les carrières les plus fragiles. Il est irresponsable car il n’est pas réellement financé et a pour horizon 2018, c’est à dire après-demain. Le fameux projet qui devait tout régler jusqu’en 2050 n’était qu’une chimère. Pire, après 2018, les caisses du fonds de réserve auront été vidées alors qu’elles devaient servir à garantir les retraites de ceux qui partiront dans les décennies 20 et 30, moment du pic démographique.

Le débat commence, à nous de peser pour obtenir que ce projet ne voit jamais le jour.

A. Un projet injuste
1.    Le relèvement de l’âge de la retraite à 62 et 67 ans

L’âge légal d’ouverture des droits à la retraite passe à 62 ans. Cela aura pour effet de pénaliser les salariés ayant commencé tôt et dont les carrières pénibles ne sont pas prises en compte (cf.A.2)
Le gouvernement a certes prorogé le dispositif de départ anticipé pour les carrières longues, mais ce qu’il dit moins fort c’est que l’âge d’accès sera décalé parallèlement au relèvement de l’âge légal ! En outre seules 50 000 personnes devraient pouvoir en bénéficier en 2011 selon les chiffres donnés par le gouvernement. En bref, les personnes ayant commencé à travailler après 18 ans seront touchées de plein fouet par le relèvement de l’âge légal. Celles qui ont démarré avant pourront partir à 60 ans si elles n’ont eu aucune interruption significative de carrière (chômage), ce qui est peu vraisemblable.

L’âge d’annulation de la décote passe à 67 ans. Pour les femmes aux carrières souvent incomplètes, pour les précaires, pour les jeunes qui entrent de plus en plus tard dans la vie professionnelle, il faudra attendre 67 ans pour atteindre une retraite à taux plein.

2.    La prise en compte de l’invalidité pas de la pénibilité

Alors qu’il s’agissait d’un engagement de François Fillon en 2003, la prise en compte de la pénibilité n’a pas été négociée avec les organisations syndicales.

Il faudra être atteint d’une incapacité physique diminuant sa capacité de travail de 20% « ayant donné lieu à l’attribution d’une rente pour maladie professionnelle ou pour accident du travail » pour bénéficier de la retraite à 60 ans.

Les salariés exposés à des matières dangereuses par exemple devront déjà être atteint d’une affection grave pour pouvoir partir à 60 ans. L’espérance de vie par métier n’est même pas évoquée.

3.    90 % de la réforme financée par les seuls salariés

Les prélèvements sur les revenus du capital et les hauts revenus sont dérisoires. Au total 90 % de la réforme serait en l’état supportée par les salariés à travers les mesures d’âge et le relèvement des cotisations des fonctionnaires.

Parmi toutes les mesures envisagées celles sur les stock options et les retraites chapeaux continueront d’être prises en compte dans le calcul du bouclier fiscal.

4.    L’emploi des séniors négligé

Alors que le taux d’emploi des séniors des 55 – 64 ans n’est que de 38,9 % en France (contre 47,3% en moyenne en Europe), que celui des 55 -59 ans n’est que de 58,5% (61,4% UE), que les seniors ne sont que 25% à retrouver un emploi après six mois de chômage, rien ou presque n’est prévu pour palier cette situation.

Il est uniquement prévu un « CDD seniors », dispositif d’aide à l’embauche pour les plus de 55 ans (14% du salaire brut). Pour l’obtenir l’employeur pourra se contenter de signer un CDD de plus de six mois.

Au total, la politique du gouvernement transformera des salariés qui auraient du partir en retraites en chômeurs.

5.    Le hold-up sur les générations futures

Le gouvernement Jospin a créé le fonds de réserve des retraites dont l’objet est de faire face au pic démographique de 2020/30 en garantissant le niveau des pensions. Il devait atteindre 150 milliards d’€ en 2020. La droite a délibérément choisi de ne plus alimenter ce fonds depuis 2002 la privant de 50 milliards de cessions d’actifs qui auraient dû l’alimenter. Ce fonds dispose aujourd’hui de 34,5 milliards d’euros .

Cet argent qui était destiné à la préservation des retraites des générations qui partiront dans les années 2020 et 2030 va être siphonné. Le gouvernement a annoncé qu’il utilisera « les ressources du Fonds de Réserve des Retraites (FRR) pour financer l’intégralité des déficits du régime général et du FSV ».

B. Un projet irresponsable

1.    Un projet de très court terme

Le projet du gouvernement devait résoudre la question des retraites de manière quasi définitive. Nous découvrons une réforme qui ne prévoit de financement que jusqu’en 2018.

2.    Un projet qui n’est pas financé et qui creuse la dette publique

Dans les simulations données par le gouvernement pour présenter le financement de son projet, il y a une ligne mystérieuse de 15,6 milliards d’€ qui correspond à un « effort de l’Etat ».

En effet en 2020, en additionnant les 20,2 milliards liés au recul de l’âge légal (20 milliards), les 4,6 milliards liés aux mesures nouvelles, et les 4,9 milliards prélevés sur les fonctionnaires, il manque 15 milliards…

Ces 15 milliards « d’effort de l’Etat » sont tout simplement 15 milliards de déficit maintenu. Comment dès lors parler de retour à l’équilibre ?

le gouvernement créé du déficit dans le budget de l’Etat pour combler les déficits des régimes de retraite. Il déplace les déficits donc : il creuse un trou dans le budget de l’Etat pour combler un trou dans la branche retraite. Le déficit public global augmente de la même manière. Ce sont donc les générations futures qui paieront.





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Les deux dernières mesures scandaleuses qui nous attendent sur les retraites

échecs.retraités

Dans quelques jours, nous disposerons de l’intégralité de l’avant-projet gouvernemental de réforme des retraites. Mais le gouvernement nous a déjà pratiquement tout révélé de son dispositif. Il a distillé les annonces au goutte à goutte pour tester, mesure après mesure, notre résignation.
On l’aura compris, en dehors d’une contribution symbolique sur les hauts revenus, les salariés seront appelés à contribuer seul au sauvetage de notre système.De ce point de vue deux dernières annonces sont passées quasiment inaperçues alors qu’elles sont lourdes de menaces pour les salariés les moins protégés et les femmes.

Le ministre du travail a d’abord confirmé que les deux bornes du système de retraite actuel, 60 et 65 ans, seraient reculées en même temps.
En France, l’âge de départ à la retraite est lié à deux seuils de 60 ans et 65 ans.
On a beaucoup parlé du seuil de 60 ans. 60 ans, c’est l’âge auquel on peut faire valoir ses droits, mais pas forcément à taux plein. Le recul de ce seuil de 60 ans condamnera ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles et les moins payés, qui disposent de leurs trimestres pour partir à taux plein, à rester au travail pour payer la retraite des autres.

On a moins parlé du second seuil de 65 ans. 65 ans correspond à l’âge du « taux plein », c’est-à-dire le moment auquel on peut liquider ses droits sans décote, quel que soit le nombre d’années cotisées. Le ministre du travail Éric Woerth l’a confirmé : le recul de l’âge légal de départ (60) aura pour corollaire celui du taux plein (65). Que cela signifie-t-il? Que pour avoir une retraite décente, les précaires, ceux qui ont eu une carrière morcelées avec des trous, des accidents de parcours, (principalement les femmes) devront travailler jusqu’à 66, 67, 68 ans.

Moi, je n’ai pas envie d’une société où, pour préserver les bénéfices des traders, le bouclier fiscal des rentiers, les stock options des chefs de grandes entreprises, l’on retrouve des caissières, des femmes de ménages, des serveuses mais aussi des infirmières ou des institutrices en exercice à 70 ans !

Cette réalité là c’est celle que connaissent déjà les américains. Disons le tout net, cette société me fait horreur. Et c’est l’honneur du parti socialiste de chercher toutes les autres solutions pour éviter cela.

L’autre scandale qui s’annonce c’est celui de la pénibilité.

Depuis 2003, on nous annonce que le critère de pénibilité va être pris en considération. Et puis rien n’avance. Le Chef de l’Etat avait réveillé un certain espoir en annonçant que la présente réforme intégrerait ces données.

Il existe un critère très simple qui est celui de l’espérance de vie, par métier. C’est en effet juste de permettre à ceux qui ont l’espérance la plus faible de partir plus tôt que les autres. C’est bien le minimum que nous puissions faire pour remercier ceux qui ont produit de la richesse dans notre pays au détriment de leur santé et de leur vie. Or qu’apprend-on par la bande ? Que le gouvernement entend individualiser la question de la pénibilité, ce qui veut dire qu’un salarié devra être déclaré inapte au travail pour se voir accorder le droit de partir plus tôt. C’était le combat du MEDEF et c’est bien le seul dans ce dossier des retraites à être entendu !

Si je fais de la politique, ce n’est pas pour le plaisir de distribuer des tracts et d’animer des réunions publiques, mais parce que je crois à une société plus juste. Le groupe socialiste va entamer un combat sans merci contre le projet de ce gouvernement. J’y mettrai toute mon énergie. Je veux que l’on sache que dans ce pays, il y a une autre voie que celle de la résignation.





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Art et méthode du passage en force.

grève

Que vaut la parole du président de la République?

En 2007, le candidat Sarkozy prenait l’engagement dans une interview donnée au journal Le Monde de ne pas revenir sur la retraite à 60 ans. En 2008, le nouveau Chef de l’Etat réitérait cette promesse sur RTL, précisant qu’il n’avait pas reçu mandat des Français pour cela.

Xavier Bertrand explique désormais que ce total revirement est lié à la crise… Pouvait-il imaginer plus mauvais argument? Dire cela c’est expliquer que les salariés les plus modestes, ceux qui ont eu les carrières les plus longues et les plus pénibles, ceux qui ont déjà suffisamment cotisé pour une retraite à taux plein, vont devoir travailler plus longtemps pour payer les conséquences d’une crise qu’ils subissent déjà de plein fouet et dont ils ne sont en rien responsables. Quelle indécence…

Le gouvernement n’ignore rien de la fragilité de sa réforme et craint tout d’un réveil de l’opinion. Prudent, habile, manipulateur, le pouvoir distille les informations sur une réforme dont les contours sont en réalité décidés depuis le premier jour. La méthode est limpide :

  • Dramatisation des enjeux
  • Affirmation de solutions présentées comme les seules possibles / discrédit jeté sur tout projet alternatif
  • Argumentation autour du courage pour couvrir l’injustice du projet
  • Désarmement du mouvement social en annonçant que les régimes spéciaux ne seront pas touchés
  • Annonce d’une contribution symbolique sur les hauts revenus

Le calendrier de la réforme doit également retenir l’attention :

  • Présentation de l’avant projet mi juin en pleine coupe du monde football
  • Passage en conseil des ministres le 13 juillet pendant les grandes vacances
  • Passage en commission du 20 au 22 juillet au moment le plus creux de l’année
  • débat et vote en séance publique à partir du 7 septembre lorsque les familles sont occupées par la rentrée scolaire (temps programmé pour limiter le temps des débats et les possibilités d’amender)

Le plan aurait été parfait si le parti socialiste n’était venu perturber son bel ordonnancement. En présentant le projet des socialistes, Martine Aubry a ouvert prématurément le débat, obligé le gouvernement à se découvrir et permis aux Français de comparer les choix possibles. La mobilisation sociale est encore balbutiante, mais les sondages sont déjà encourageants. Hier dans les Echos, BVA faisait apparaître clairement qu’entre les projets du PS et de l’UMP, les Français n’hésitent pas. Ils trouvent la réforme socialiste,”plus juste“, “plus crédible“, “meilleure“et “plus efficace“… Ce matin l’institut CSA dans le Parisien indique qu’une très large majorité de Français est prête à manifester (62%) pour défendre l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans.

Ce n’est qu’un début…

Retraites : Ce que disait Sarkozy





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Retraites : Projet contre projet, à vous de juger !

foule

Cette fois le débat sur les retraites est lancé. Après la présentation des propositions socialistes par Martine Aubry, Jean-François Copé a vendu la mèche sur les intentions de la droite en annonçant que le gouvernement partage avec les députés UMP et NC la volonté de relever  l’âge légal de départ en retraite ainsi que d’augmenter la durée de cotisation. Alors que François Fillon continue de manier l’ambiguïté, le président du groupe UMP a le mérite d’être clair.

Ce sera donc un débat opposant deux conceptions antagonistes. Coté gauche les revenus du capital sont appelés à co-financer à parité l’effort pour maintenir le système actuel, côté droit les principales variables d’ajustement sont les salariés.

Jusqu’ici la droite avait parié sur deux points :

  • l’incapacité des socialistes à faire synthèse sur un projet commun.
  • La résignation des Français après la publication des scenarii du Conseil d’Orientation des Retraites.

Mercredi après-midi le débat à l’Assemblée François Fillon a senti la menace et a immédiatement cherché à décrédibiliser les chiffrages du projet socialiste pour éviter la consolidation dans l’opinion d’un projet alternatif.

La violence de ses propos était proportionnelle à sa crainte. Et le Premier ministre a multiplié les erreurs et/ou les contre vérités dont je ne souhaite relever ici que les plus grossières

Le chef du gouvernement remet en cause le chiffrage du produit de la taxation des stock-options (2 Mds euros). Il s’agit pourtant d’un chiffrage plus prudent que celui fait par la Cour des comptes en 2007 dans son rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale de septembre 2007 qui chiffrait l’assiette en 2005 à plus de 8 Mds euros et le produit à 3,2 Mds euros…

Le gouvernement prétend que le PS taxerait les classes moyennes au travers des livrets d’épargne (PEL, Assurance-vie etc…). Or le texte du PS exclut précisément la taxation au titre de la CSG des revenus des les livrets d’épargne actuellement exonérés. Quant aux revenus de l’assurance vie qui restaient exonérés de CSG, c’est le gouvernement qui les a soumis à la CSG dans le cadre de l’article 18 de la LFSS 2010.

Enfin le Premier Ministre remet en cause le produit d’une majoration de 15 points du taux d’impôt sur les sociétés acquitté par les Banques (3 Mds euros) qui doit servir à alimenter le fonds de réserve des retraites. Il estime lui le produit à 300 millions d’euros.
Qu’on en juge : la seule BNP a présenté un bénéfice de 5,8 Mds euros en 2009. Une surtaxe de 15% sur cette seule banque rapporterait cette année 870 millions d’euros. Les banques représentent un tiers du produit total de l’impôt sur les sociétés en moyenne. Ce produit était de 60 Mds euros en 2007. Une hausse de 15 points sur la part payée par les banques (20 Mds euros) représenterait bien 3 Mds euros.

En matière de recettes recettes « virtuelles », c’est l’hôpital qui se moque de la charité… En effet le programme du PS est beaucoup plus détaillé que celui du gouvernement qui s’est limité pour la partie « féforme juste » à l’évocation d’une « taxe sur les hauts revenus», dont on ne sait pas si elle concernera ou non les entreprises, si elle frappera ou non les revenus et/ou le patrimoine  et dont on devine qu’elle servira d’alibi à une politique qui une fois encore fera payer le plus grand nombre pour protéger la situation d’une minorité. De ce point de vue, depuis les élections régionales rien n’a changé…





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Le plan du PS pour sauver les retraites

foule

C’est inédit. Sur un projet qui est présenté comme le plus important du quinquennat, ce n’est pas autour du projet gouvernemental que le débat va porter dès les prochaines heures, mais autour des propositions de l’opposition. Alors que la droite n’en finit pas de gloser sur une opposition qui serait sans idées, ni perspectives, c’est le bureau national du PS qui a adopté un plan complet, détaillé et financé jusqu’en 2025.

Là où le gouvernement se refuse à tout effort d’imagination et tourne autour de mesures dont les salariés sont les seules variables d’ajustement (telles que l’allongement de la durée de cotisations et le recul de l’âge légal de départ à la retraite), les socialistes ont recherché un financement qui repose sur des ressources nouvelles.

D’abord au travers de la mise à contribution des revenus du capital. Il ne s’agit pas d’un prélèvement symbolique et homéopathique sur les hauts revenus, comme le suggère Eric Woerth dans le document transmis ce week-end aux partenaires sociaux, mais au contraire de :

  • 19 milliards prélevés sur les stock options et les bonus (majoration de 5 à 38% comme le proposait feu Philippe Séguin), le relèvement du forfait social appliqué à l’intéressement et la participation, l’application de la CSG aux revenus du patrimoine jusqu’ici exonérés (sauf livrets d’épargne et plus value sur la résidence principale), la suppression des “niches Copé” (exonérations sur les plus values liées à la vente de filiales), augmentation de la Contribution sur la Valeur Ajoutée (sauf pour les PME) créée par le gouvernement pour remplacer la taxe professionnelle.
  • 3 milliards correspondant à une majoration de 15% de l’impôt sur les sociétés  pour les établissements bancaires. Ces 3 milliards serviraient à alimenter le fonds de réserve des retraites créé par le gouvernement Jospin (plus alimenté depuis) dont la vocation est de garantir aux jeunes actifs que leurs efforts d’aujourd’hui ne demeureront pas unilatéraux et qu’ils bénéficieront aussi de la solidarité collective quand viendra leur propre retraite.

A ces financements prélevés sur le capital, il est proposé d’ajouter une augmentation modérée et étalée dans le temps des cotisations salariales et patronales. Cette augmentation de 0,2 point par an (0,1 pour les salariés et 0,1 pour les employeurs. Ce qui représente autour de 2,5 euros par mois au niveau du salaire moyen) rapporterait 12 milliards à horizon 2025.

il est enfin et surtout prévu une mobilisation générale en faveur de l’emploi des seniors (j’y reviendrai dans un prochain post). Leur retour à l’activité salariée permettrait de gagner autour de 6 milliards d’euros liés à l’augmentation du volume des cotisations (sur la base du retour à l’emploi de 80 000 seniors par an pendant 10 ans).

Ces ressources permettraient

  1. d’assurer la pérennité du système par répartition
  2. de ne pas revenir sur l’âge légal de départ à la retraite (qui pénaliserait les salariés qui ont commencé à cotiser très jeunes et disposent donc de leurs annuités pour liquider leur retraite à taux plein à 60 ans et ont souvent l’espérance de vie la plus faible).
  3. de prendre en compte la pénibilité (enveloppe de 5 milliards) en ouvrant des majorations d’annuités pour cause de travail pénible (exposition à des matières toxiques, travail de nuit, efforts physiques…)
  4. de ne pas aller vers de nouveaux allongements de la durée de cotisation (pour mémoire 41 annuités en 2012 ; 41,5 en 2020)
  5. d’ouvrir un dispositif de “retraite choisie” avec notamment la création d’un “compte temps” qui permette de sortir du système “école – boulot – retraite” en permettant à chacun de mieux disposer de sa vie.

Voilà. Tout n’est sans doute pas parfait. Mais le décor est posé et le débat peut enfin commencer sur de bonnes bases. L’orientation est claire : Un projet équilibré qui répartit équitablement le poids du financement, un projet juste parce qu’il distingue les situations professionnelles en privilégiant les plus pénibles, et un projet durable parce qu’il assure la survie du système par répartition auquel nous sommes attachés.

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Comme on dit au poker, il doit maintenant “faire tapis”…





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Plan d’austérité. Qui va payer?

austérité pour qui

Les mots sont choisis. On parle de “gel“. On précise même “gel zéro valeur“. Les ministres évitent soigneusement d’évoquer une quelconque “rigueur” et moins encore un “plan d’austérité“. Mais qui cela trompe-t-il ?

Les esprits sont préparés depuis longtemps. La cour des comptes a dans son dernier rapport rappelé que la dette atteindrait, au rythme actuel, 100% du PIB en 2013 (Par comparaison c’est aujourd’hui 133 % en Grèce et 35% en Espagne). La dette, c’est ce que nous laissons aux générations futures. Chacun a compris que ce n’est pas raisonnable de vivre à crédit sur le dos de nos enfants.

Le gouvernement profite donc de la crise européenne pour appeler les Français aux économies. Pour atteindre en 2013 un déficit public équivalent à 3% du PIB, le gouvernement doit trouver 100 milliards en trois ans. Nous pourrions tous applaudir à un effort de réduction des déficits et pourtant nous ne le faisons pas. Pourquoi?

Tout d’abord parce que les 8% de déficits publics actuels ne tombent pas du ciel. Ils sont dus – toujours selon la Cour des Comptes – pour une petite moitié à la crise. Le reste est lié à la politique menée par la droite. Le paquet fiscal, les niches fiscales, la réduction de la TVA dans la restauration plombent de près de 88 milliards d’euros par an le budget de l’Etat.

La seconde raison de ne pas approuver le plan Fillon, c’est que cette politique fiscale n’est pas remise en cause. Pire, ce sont les plus modestes qui vont payer l’addition du plan d’austérité. Pour parvenir à ces 100 milliards d’économie, le gouvernement annonce un retour de la croissance qui rapporterait 50 premiers milliards (le Gvt table sur 1,4% de croissance cette année, 2,5% par an minimum pour les années suivantes. Soit un point de mieux que les prévisions de Bruxelles) et surtout il envisage une sévère réduction des dépenses pour trouver les 50 milliards restants.

Ces cinquante milliards, la logique voudrait qu’ils soient recherchés dans les poches de ceux qui traversent la crise sans difficultés. Ce serait trop facile. Les privilégiés fiscaux conserveront leur “bouclier” et il n’est pas prévu de raboter les “niches fiscales” au delà de 5 milliards sur 2 ans… Alors, où trouver le solde? D’abord une baisse de 10% en trois ans des dépenses de fonctionnement, soit 4,3 milliards sur la période. Mais nous sommes encore loin du compte. C’est là qu’intervient le fameux “gel zéro valeur” qui signifie que contrairement au gel “zéro volume“, le budget de l’Etat ne progressera même pas de l’inflation au cours des trois prochaines années. Le pouvoir d’achat de l’Etat baissera donc de 1 à 2% par an, de quoi trouver entre 3,5 et 7 milliards d’euros par an. Les fonctionnaires apprécieront car leurs salaires ne devraient plus augmenter, (le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne rapportant que 500 millions par an). L’ensemble de ces coupes claires représente entre 20 et 30 milliards d’euros. Loin des 50 attendus (sans compter que les 50 premiers milliards reposent sur des recettes très hypothétiques). Le gouvernement a donc une botte secrète… Il s’est engagé à une remise à plat des “dépenses d’intervention” (aides à l’emploi et aides sociales). Incroyable ! A Bercy, il est aussi envisagé de taxer les chèques déjeuners et les chèques vacances… No comment.

La troisième raison de s’opposer à ce plan, c’est qu’il impose l’austérité dans un moment où la croissance chancelante, fragile, se nourrit de la consommation des Français.

Au total ce plan n’est donc pas seulement injuste, il est aussi contreproductif. Ce sont d’abord les grandes fortunes qu’il faut faire contribuer au redressement de l’Etat et ne pas étouffer les ménages qui – trop modestes pour épargner – injectent chaque mois l’ensemble de leurs revenus dans la machine économique.

Le paradoxe du moment c’est que seule la justice sociale peut sauver durablement les marchés !





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Grèce et après?

cgr

Nous vivons des heures graves. Sans doute cruciales. Pendant que la Chine célèbre sa magnificence et exhibe sa force à Shangaï, la vieille Europe peine à enrayer une nouvelle crise financière. Les grecs sont aujourd’hui dans la tourmente. Athènes a des allures de “ville ouverte”, ville vaincue, exhangue implorant qu’on lui évite la ruine… La rumeur renvoie les “pigs” (Portugal, Irlande, grèce, Espagne) à leur mauvaise réputation. Les commentaires n’épargnent plus tout à fait notre pays dont la Cour des comptes a pronostiqué que sa dette voisinerait avec les 100% du PIB en 2012, de quoi alimenter toutes les spéculations…

Fait rare, les socialistes et les Verts ont joint leurs voix à l’Assemblée pour adopter la participation française au plan d’aide qu’apporte la zone euro à la Grèce. Cette quasi unanimité n’abolit pas les clivages, mais face à une situation dramatique, il était urgent de marquer cette unité des européens qui a tant manqué jusqu’ici.

Du coup, ces mesures viennent trop tard  et coûtent trop cher. La faute à qui ? A Angela Merkel ? Sans doute. mais pas seulement. Comment ne pas voir et s’inquiéter de la quasi disparition du couple franco-allemand ? Les binômes De Gaulle- Adenauer, Giscard-Schmitt, Mitterrand-Kohl ont façonné l’Europe des dernières décennies. C’est sous leur impulsion que les européens ont approfondi la construction de leur destin commun. Or depuis 2007, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de chercher à prendre le leadership de l’Europe seul, pour lui-même, multipliant les alliances de circonstance pour tenter de briller. Au lieu de consolider l’axe franco-allemand, notre président a laissé se creuser la distance avec la chancellière allemande ; Cela n’excuse pas le comportement égoïsto-électoraliste d’Angela Merkel à l’approche de régionales capitales pour son gouvernement (la majorité das la chambre haute est en jeu), mais la politique, la diplomatie exigent justement l’approfondissement d’alliances solides pour affronter les temps difficiles. Demander des efforts à ses partenaires est plus aisé quand les liens d’amitié sont étroits. Force est de constater que cela n’a pas été fait.

Cette absence de vision commune a un prix pour les grecs. Sous l’influence allemande, les pays de la zone euro ont choisi un taux unique de 5%. C’est-à-dire que nous allons prêter à un taux supérieur à celui auquel nous empruntons, drôle de façon d’être solidaires (1).

Ce défaut de dialogue a un prix pour tous les européens. Alors que la crise financière a constitué un avertissement sans précédent, l’Union Européenne est enlisée dans un fonctionnement anachronique. L’Europe se comporte comme un véhicule dont le tableau de bord serait doté d’un seul compteur : celui de la dette publique des états membres. Les politiques économiques au sein même de la zone euro ne sont pas coordonnées, mais la BCE fixe un taux d’intérêt unique. Entre la désinflation compétitive des allemands et l’explosion de la dette privée en Espagne, en Irlande ou au Portugal, pays dans lesquels l’inflation a poussé les particuliers et les entreprises à emprunter au vu du faible coût du crédit, l’écart s’est creusé.

Il est urgent de faire avancer le projet d’un gouvernement économique européen, de doter l’Europe d’une capacité à lever l’impôt, de contracter des emprunts, d’harmoniser les politiques fiscales. C’est la leçon de la crise. C’est le moyen de prévenir les prochaines. Mais comment avancer sans partager a minima ce projet avec nos amis allemands? Il n’y a guère que Nicolas Sarkozy pour penser le contraire, et là n’est pas sa moindre faute.

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(1) Ces 5% sont toutefois à comparer également avec le taux de 13% auquel emprunteraient les grecs auprès des marchés.





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Les allumettes d’Hortefeux

burqa

Comme souvent, l’histoire commence par une humiliation. Celle que Nicolas Sarkozy a infligée à son ami Brice Hortefeux, en proclamant urbi et orbi qu’il avait “tué le métier” de ministre de l’intérieur après son brillant passage place Beauvau.

Piqué au vif, Brice Hortefeux s’est lancé dans l’instrumentalisation d’un fait divers au prix d’un festival d’approximations et d’amalgames indignes de sa fonction. Plus grave, obsédé par la polémique qu’il avait engagé avec ce mari islamiste de Nantes, il a passé le week-end en occultant un autre fait divers qui aurait pu se révéler tragique, celui du mitraillage de la mosquée d’Istres.

Les Français ont adressé un message clair lors des élections régionales. Ils souhaitent une inflexion  de la politique conduite et une modification du style présidentiel. Les Français ont demandé plus de gauche. Au lieu de quoi, le “retour aux fondamentaux” prôné par Jean-François Copé se traduit par une “droitisation” des propos et la multiplication des gesticulations médiatiques.

Les arrières-pensées électoralistes sont si apparentes et grossières que nous pourrions nous contenter de les relever pour éviter de répondre. Mais aussi anecdotique soit la question, elle existe et maintenant qu’elle sature le débat public, ne nous défilons pas : soldons cette affaire de burqa.

Personne ne la défend. Ni à gauche ni à droite. Ni les musulmans pour lesquels ce n’est pas une prescription religieuse. Le consensus républicain doit être recherché. Ce qui suppose une discussion sincère sans la pression de l’urgence, sans préalable (celui d’une loi d’interdiction générale), applicable sur le terrain et constitutionnelle. Le Conseil d’Etat a ouvert une voie qui peut permettre de concilier la nécessité de se dévoiler dans les services publics et dans les lieux où existent des risques particuliers d’atteinte à l’ordre public et la protection des libertés qui a conduit à éviter jusqu’ici dans notre droit toute mesure d’interdiction générale.

La tentation de la surenchère qui a jusqu’ici prévalu au gouvernement et à l’UMP ne peut conduire qu’au pire. La division des Républicains et la probable censure par le Conseil constitutionnel offriraient une victoire éclatante aux islamistes dont la burqa deviendrait définitivement l’étendard.





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Puisque tout le monde en parle…

Rumeur

La rumeur a désormais un visage. Celui de Pierre Charon.

Jusqu’ici les potins avaient été soigneusement évités par la presse nationale. Pas un mot. Pas un nom, alors même qu’ils circulaient de table en table dans le Paris politique et médiatique. L’article sur le blog du JDD, duquel tout serait parti, oeuvre d’un stagiaire immédiatement sanctionné n’est demeuré que quelques heures. C’est bien le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy qui est venu donner une dimension pathétique à ces bruits imbéciles en évoquant un complot international. C’est maintenant Carla Bruni-Sarkozy qui tente, dans le Figaro, de clore ce nouvel épisode du pompier pyromane. Trop tard. Le mal est fait. Au lieu de circonscrire la rumeur, les propos de Charon lui ont donné une ampleur nouvelle à laquelle s’ajoute désormais un scandale sur l’utilisation des services secrets, l’éventuel usage d’écoutes, pour un sujet qui ne menace pas très directement la sûreté de l’Etat.

Ces pseudo indiscrétions sont sans doute douloureuses pour les quatre amants virtuels. Mais s’agissant du président de la République, il n’est ni le premier ni le dernier à être victime des ragots. Le pouvoir d’Etat a perdu de sa magie et de ses mystères, mais il suscite toujours les mêmes fantasmes. Giscard aimait les taches de rousseur à l’heure du laitier, la réputation de Casanova de Mitterrand le suivit jusqu’à la mort, on ne compte plus les filles japonaises de Jacques Chirac, fruits de supposées amours adultérines. Ces affaires d’alcôves n’ont jamais suscité dans l’opinion de rejet particulier. Giscard a depuis fait montre d’une libido littéraire à de multiples reprises et finalement démontré qu’il n’était pas le dernier à fantasmer sur une fonction qu’il exerça tout un septennat. Mitterrand ne détestait pas être présenté comme un séducteur et révéla aux dernières heures de sa vie sa famille morganatique. Chirac fut sans doute le premier lecteur du livre-confessions de Bernadette Chirac avant la présidentielle de 2002 dans lequel elle exprimait à mots à peine couverts les infidélités de son bouillant mari.

La deuxième réflexion que cette histoire inspire c’est celle de l’arroseur arrosé. En octobre 2007 j’écrivaisne rien vouloir savoir de la vie de Nicolas et Cécilia“. Il s’agissait alors de la déplorable affaire du SMS présidentiel. Cette affaire aurait dû constituer une alerte. Depuis le président de la République n’a cessé de mettre en scène sa famille. Le voyage de Petra, la mise sur orbite du jeune Jean, les vacances sur le rocher de belle-maman, ont accéléré une détestable, navrante, choquante pipolisation de la vie politique. Les femmes et les hommes politiques ne sont pas des stars de cinéma. Ils ne devraient pas être appréciés ou détestés pour d’autres qualités que celles de leurs idées.

La troisième réflexion que ce déballage obscène appelle, c’est tout de même la permanente confusion des genres au sommet de l’Etat. Qu’il s’agisse de Clearstream ou de cette rumeur, le Chef de l’Etat donne le sentiment de se servir de sa fonction pour régler ses comptes avec celle (Rachida Dati) ou celui (D. De Villepin) qu’il considère comme responsables. Les déclarations de M. Squarcini patron de la direction centrale du renseignement intérieur sont inquiétantes. Son service aurait été “saisi ” par son “autorité de tutelle afin d’effectuer une remontée informatique au plus près du point de départ dans le temps et, si possible de la source“.

Au total, personne ne peut se réjouir d’un tel spectacle qui contribue à l’affaissement dramatique de la fonction présidentielle. Quelques jours après un scrutin qui a battu des records d’abstention, il est urgent de donner une autre image de la politique et de l’Etat.





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Passage TV : Envoyé spécial “Eric Besson, la rupture pour identité”

Interview pour l’émission Envoyé spécial de France 2 consacrée à Eric Besson





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Retraites, ça commence mal !

retraités floués

C’était le 25 janvier dernier sur TF1. Dans une émission taillée sur mesure, Nicolas Sarkozy faisait face aux Français. Parmi les 11 sélectionnés pour interpeller le chef de l’Etat, une infirmière d’Argenteuil qui soulignait la dégradation de ses conditions de travail et rendait difficile un départ à la retraite à 60 ans (55 aujourd’hui). Ce soir-là le président reconnaissait la pénibilité de la profession et conclut l’échange par la promesse d’une discussion approfondie : “on en reparlera avec les syndicats parce que la pénibilité est un sujet extrêmement complexe“.

C’était le 24 mars. Au lendemain de la défaite des régionales, le président s’exprimait de manière inhabituelle à la sortie du Conseil des Ministres. Sur un ton solennel il s’engageait ainsi : “mes chers compatriotes, je connais votre inquiétude sur l’avenir de nos retraites. Et je sais la sensibilité du sujet, mais mon devoir de Chef de l’Etat est de garantir que nos retraites seront financées. Je ne passerai pas en force. Le temps qu’il faudra sera donné à la discussion avec les partenaires sociaux“.

Aujourd’hui, l’Assemblée est saisie d’un projet de loi dit de “rénovation du dialogue social dans la fonction publique“. Ce projet  porte bien mal son nom puisqu’il y a été ajouté subrepticement un changement de régime de la  retraite des infirmières. Alors qu’aucun accord majoritaire n’a su être trouvé avec les syndicats d’infirmier-e-s dans le cadre d’une négociation express, le gouvernement a décidé de faire passer par la loi ce qu’il n’avait pas réussi à contractualiser avec les partenaires sociaux.

Les infirmières sont ainsi sommées de choisir entre la revalorisation de leur salaire et le maintien de leur âge de départ à la retraite. Leur revendication légitime de passer en catégorie A et leur intégration au processus LMD (License, Master, Doctorat) est soumise à l’acceptation de 5 années d’activité supplémentaire.

Cette méthode contredit toutes les annonces du Chef de l’Etat. Elle place les infirmières en situation de faire un choix alors même que personne ne connaît les règles qui seront adoptées pour l’ensemble des salariés et notamment la manière dont sera appréciée la pénibilité.

De deux choses l’une, soit ce texte préfigure ce que sera la réforme globale. Chacun appréciera. Soit ce texte est sans rapport avec ce qui sortira du chapeau en septembre et alors il sera légitime d’adapter le régime des infirmières. En bref, ni fait, ni à faire…





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L’omniprésent M. Courbit

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Demain, l’Assemblée sera saisie en deuxième lecture d’un projet sur les jeux en ligne. La droite ne déposera aucun amendement. L’objectif est clair : obtenir un vote conforme après le vote du Sénat et en finir avec un débat embarrassant. Dans un billet du 5 octobre dernier, j’alertais déjà les lecteurs de ce blog sur ce que j’ai appelé la seconde nuit du Fouquet’s.

Il n’y a qu’en France où le gouvernement légifère sur les jeux en ligne dans la précipitation. Le commissaire européen en charge du marché intérieur, Michel Barnier (ancien ministre UMP) entend lui prendre le temps de la réflexion et du diagnostic (Procédure du livre vert) pour proposer ensuite une législation européenne sur le sujet.

Cette urgence ne peut s’expliquer que du point de vue des potentiels bénficiaires de l’ouverture de ce marché des jeux : l’intérêt est de se placer dans le carré de tête des opérateurs de jeux en ligne européens avant le mondial de football de juin 2010.

Parmi les heureux bénéficiaires de ce jackpot il y a l’omniprésent M. Courbit. C’est dans les secteurs où l’Etat se retire, les jeux ou l’énergie, que ce businessman issu du show-biz espère maintenant faire prospérer le magot sur lequel il a mis la main, en vendant ses parts dans Endemol France (240 millions d’€).

Stéphane Courbit va où est l’argent et démultiplie les participations, les rachats, les associations juteuses pour contrôler des sociétés de jeux qui ont d’ores et déjà commencé leur activité d’opérateurs de jeux (Betclic, Mangas-gaming, Everest Gaming spécialisé dans le poker, Expekt, Betathome, …), illégales pour les joueurs français, mais qui concernent un bon million de clients et ont rapporté déjà un magot de plus de 300 millions d’€ de chiffres d’affaires, l’an passé.
Dans cette course de vitesse pour profiter des politiques de déréglementation mises en place par l’Elysée, il est conseillé par Alain Minc depuis une dizaine d’années (et actionnaire minoritaire de sa holding Financière LOV), mais également stratège du chef de l’Etat.

Plus intriguant encore, Stéphane Courbit (associé à Publicis) est au même moment à la manoeuvre pour le rachat de la régie publicitaire de France Télévisions.
De quoi s’agit-il cette fois? De confier la régie publicitaire d’un média public à des opérateurs privés, sans aucune raison apparente. En effet, cette régie très performante a, malgré la suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques, rapporté  à l’entreprise publique près de 400 millions d’€. Alors pourquoi se précipiter pour la céder au moment où tant d’incertitudes pèsent sur le financement de France Télévisions (1) ? Comment ne pas s’inquiéter d’une tutelle financière privée qui pourrait demain peser sur l’indépendance éditoriale des chaînes ?

Cette privatisation est si contestée que le ministre de la culture a fini par reconnaître ce matin devant l’Association des journalistes médias (AJM) une «situation mal aisée à résoudre». Quel sens de l’euphémisme… Après les scandales de l’EPAD (Jean Sarkozy), d’EDF (Henri Proglio), voici celle de la libéralisation des jeux en ligne et de la privatisation de France Télévisions Publicité. On murmure que dans les prochains jours se profile déjà le limogeage d’Anne Lauvergeon à la tête d’AREVA (Bouygues à la manoeuvre).

La défaite des régionales encaissée, rien n’a changé, ni le cap politique, ni l’éthique, ni la gouvernance.

Les urnes à peine rangées, les derniers commentaires juste publiés, les cartes du monopoly sont ressorties. Les affaires reprennent.

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(1) la Commission européenne a retoqué l’idée d’une taxe sur les télécoms pour compléter le financement de l’audiovisuel public (370 millions d’€ de recettes évaporées)





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